Démarche artistique

 

Le travail que je présente aujourd’hui est le prolongement de la recherche que je mène depuis 1992. Il est toujours question de mémoire, de palimpsestes et de traces à travers les ossements  (tant les squelettes internes qu’externes), témoignages ultimes  abandonnés par les vivants.  

         Il me faut rendre à la gravure son rôle originel dans ma démarche. La pratique de cette technique, découverte auprès de Dominique Allard à l’École des Beaux-Arts d’Angers, au-delà de son caractère graphique, m’a ouvert le vaste champ du volume, par le principe du gaufrage du papier, que je souhaitais toujours plus marqué. J’ai finalement transposé ces marques, ces épaisseurs, dans le domaine de la peinture, délaissant la couleur au profit des teintes subtiles des papiers anciens, où apparaissent de vieilles écritures ou des esquisses (à l’encre ou au crayon gras), elles-mêmes recouvertes par endroits de ce lettrage en volume  … Et depuis peu, les travaux « à plat » ont fait place à ces étranges « globes », où le volume est constitutif de l’ouvrage, agencé autour des structures de squelettes reconstitués.

         Il ne s’agit pas ici de prétention  à l’exactitude scientifique… Et il n’y a là rien de macabre ! Il y a, certes, une vraie fascination pour les ossements, les squelettes et leurs structures,  les interrogations et réflexions que provoque le spectacle du vivant dénudé jusqu’à l’os…

Cependant je me suis aperçue, au cours de mes recherches de documentations, que ma démarche s’inscrit dans une vieille tradition d’un dialogue  entre anatomistes, médecins et artistes. Et sans doute suis-je l’héritière de l’imagerie des Muséums d’Histoire Naturelle – ou des Musées des Écoles de Médecine – que j’aime fréquenter. J’y trouve, en effet, un véritable plaisir artistique à regarder ces accumulations d’études anatomiques, de bocaux aux étiquetages multiples, souvent mystérieux pour les novices … C’est  ce même plaisir, ces mêmes sensations que je tente de retrouver dans mon travail, à travers l’exploration des variations infinies d’une même structure osseuse ou calcaire, ces inscriptions  qui ne sont pas vraiment faites pour être lues (elles sont souvent à l’envers) et s’effacent, comme usées par le temps…

         Il me faut aussi reconnaître l’influence de l’imagerie des technologies nouvelles (même si cet univers technologique semble éloigné de mon travail) : le maniement de l’ordinateur, au quotidien, pour le traitement des images ou des textes , rejoint étrangement les palimpsestes des manuscrits ou livres anciens, et nous rend évidents les superpositions, les transparences, le croisement des textes et des images.

Hélène Gay (Septembre 2012)



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